Bain flottant : à la découverte des espaces privilégiés de la relaxation intégrale

Voici le deuxième article de la trilogie de textes écrits par Patrice Van Eersel pour l’Actuel Sommaire 57/58 Juilet/Août 1984. La raison pour laquelle nous avons décidé de publier cet article est son intemporalité. Même après vingt ans, ces écrits continuent à clamer les bienfaits potentiels du bain flottant. Dans cet article, vous lirez différentes histoires faisant état des bénéfices d’une flotte dans la pureté de l’isolation.

Notez que les résultats obtenus ne sont pas une garantie que vous obtiendrez les mêmes bienfaits. Toutefois, il n’y a aucun doute, flotter vous aidera à vous détendre, à décontracter vos muscles et à désengorger votre système nerveux. Mais si ces histoires peuvent attiser en vous l’enthousiasme et le désir de flotter, l’histoire la plus importante demeure la vôtre. En lisant cet article, permettez à cet enthousiasme, de prendre de l’expansion et allouez-vous de vivre votre propre expérience lors de votre prochaine flotte.

——————————————————————————————————————–

«Le caisson à isolation sensorielle, 2e partie» par Patrice Van Earsel

Naissance du bain flottant

John Lilly a inventé le caisson en 1953. Mais il a fallu attendre les années 70 pour que la chose se répande. Au départ, Lilly, médecin et neurobiologiste, voulant comprendre comment et ou l’esprit et le cerveau se rejoignent. À l’époque, une théorie à la mode prétend que si on le coupe de toute information sensorielle, l’individu, privé de sa nourriture psychique essentielle, s’endort rapidement. La conscience aurait besoin d’un input permanent pour fonctionner. Désirant vérifier cela, Lilly utilise d’abord un caisson de la Navy. Un machin vertical originellement destiné à l’étude des scaphandriers pendant la guerre. On y est entièrement immergé, avec un masque et un tube. C’est pas idéal, mais Lilly découvre tout de suite l’énormité de l’erreur. Loin de s’endormir, le système nerveux se réveille lorsqu’on l’isole de toute influence extérieure. Pourquoi? Il semble que sa “nourriture essentielle” ne lui vienne pas du dehors, mais du dedans.

On couche le caisson!

Lilly prend vite goût au caisson. Il se met à faire des voyages intérieurs somptueux. Comme si, débarrassé du boucan sensoriel habituel, la conscience devenait sensible à la musique intérieure dans toute sa subtilité. Le soleil empêche de voir les étoiles en plein jour; pourtant elles sont bien là! Mais il faut attendre la nuit pour s’en rendre compte. Lilly ne tarde pas à inventer le caisson horizontal beaucoup plus pratique, avec son eau chaude et salée. Mais il ne se décide à populariser l’engin que vers 1970. De grands personnages scientifiques, comme Gregory Bateson, viennent alors flotter chez lui a Malibu. Lilly se lie bientôt d’amitié avec un jeune informaticien du nom de Glen Perry, qui invente le premier caisson commercial. Ils appellent ça le Samadhi. Dès que John Lennon et Kris Kristofferson achètent le leur, le caisson se répand dans tous les États-unis. Aujourd’hui (1984), il existe là-bas une bonne vingtaine de fabricants, et l’on ne compte plus les modèles de caisson différents.

Les premiers pas du bain flottant en France

Des centaines de milliers d’Américains flottent régulièrement et plusieurs dizaines de milliers ont déjà un caisson chez eux. Les bienfaits du caisson sont véritablement incalculables. Mais c’est marrant: Il faut toujours des espèces de militants fous pour faire admettre un outil radicalement nouveau. En France, deux étudiants Strasbourgeois, Eric Biedermann et Patrick Schott, entendent parler du caisson en 1980 pour la premiere fois, dans un entrefilet D’Actuel. Ils foncent aux États-unis, tentent de négocier avec des fabricants, renoncent, rentrent en France, trouvent un procédé original de fabrication – il faut une coque insonorisée et un système de pompe silencieuse avec filtre et thermostat. En y passant toutes leurs économies, ils sortent trois bêtes. De quoi ouvrir un premier centre Argos. On est à la fin de l’été 83. Là-dessus paraît l’article d’Actuel sur Lilly où l’on parle d’eux. Des gens appellent de toute la France. Ça y est, l’envie est dans l’air. En six mois, des centres s’ouvrent à Toulouse, Lyon, Montpellier, Grenoble, Marseille et Paris. Un septième se prépare a Briancon. Chaque centre est différent. Ici ce sont d’anciens marginaux, des artistes, la plupart des scientifiques, des médecins… La plupart se lancent dans le premier business de leur vie. Pas facile. Il faut un local peu sonore, sinon, insonorisé, avec au minimum deux caissons. Chaque engin revenant a environ 40,000F. Il faut surtout créer une marche à zéro : qui donc aurait spontanément l’idée de venir dépenser son blé pour “s’isoler sensoriellement” dans une grande boîte à sardines?

Savez-vous sentir?

C’est quand même le comble : Nous passons notre temps à essayer d’éprouver des sensations fortes, à secouer nos sens anesthésiés et avachis – la frigidité étant considérée comme le mal absolu – et voilà que le fin du fin devient de ne plus rien sentir du tout! En réalité sentir, si. Au contraire. Mais de l’intérieur. Ha! Parfois, la révélation est immédiate. En cas de souffrance physique par exemple. Un type souffre d’une mauvaise fracture du pied. En une demi-heure de caisson, la douleur a complètement disparu. Elle peut revenir plus tard, mais la décrispation est telle à chaque séance que le pied guérit à tout vitesse.

Histoires de cas

Dans un genre très différent, une jeune femme souffre d’angoisse depuis qu’elle a failli être violée. Dans le caisson, elle commence par s’affoler, persuadée qu’elle ne tiendra pas le coup. Mais, comme dans 99% des cas, la claustrophobie redoutée disparaît en quelques minutes. La jeune femme se met à flotter tranquillement. Un défile d’image commence dans sa tête. Aussi claires que si c’était vrai : Elle y est. Elle finit par revoir toute la scène ou elle a failli être violée, la scène qui empoisonnait sa vie. Elle la voit et la revoit. Ça la libère de ses angoisses.

Autre exemple, d’usager rapidement comble : un avocat qui vient se plonger dans l’obscurité chaude et silencieuse du caisson chaque fois qu’il a fini d’étudier un dossier et juste avant de rédiger sa plaidoirie. Sans y comprendre grand chose, il a constaté qu’en flottant, ses idées s’agençaient d’elles-mêmes et se combinaient sans effort. Un architecte fait la même constatation et vient flotter pour mieux visualiser le dessin de ses projets. Ça marche étonnamment. Autre résultat époustouflant, dans un genre encore très différent : un psychologue vient flotter “pour raison professionnelles”.

Un psycho transcendé!

L’isolation sensorielle ça l’intéresse. Mais pour lui, ça reste connoté très négativement. Une vieille rumeur qui date essentiellement de la guerre de Corée : l’isolation sensorielle rendrait fou – C’est comme ça, disait-on, que les Nord-Coréens lavaient le cerveau de leurs prisonniers. Rumeur bidon. Non qu’on n’ait jamais essayé de se servir de l’isolation a des fins coercitives, mais la loi scientifique qu’on en tirait étaient fausse. On ignorait totalement, avant les travaux de Lilly, de Donald Hebb et de quelques autres, que l’isolation des cinq sens, en soi, ne rendait pas  fou. Bref, ce psycholoque vient flotter “pour voir”, persuadé qu’il va flipper. C’est un dur, qui ne se livre pratiquement jamais et qui mène une vie sentimentale assez tourmentée. Dès sa première séance de caisson, il se passe une chose tout à fait inattendue pour lui : Il est envahi par une vague d’amour pour la femme avec qui il sort depuis quelque temps et avec qui ça se passe plutôt mal. Il n’en  revient pas. Quoi? Il est amoureux d’elle? Mais voilà que ce sentiment très chaud s’étend, peu a peu, dans son esprit, à l’humanité entière. Il n’a pourtant pris aucune drogue. Il est là, tout seul, dans son caisson, et néanmoins, il a la nette impression de ne faire qu’un avec l’ensemble de ses congénères. C’est la première fois qu’une chose pareille lui arrive. Plus tard, en essayant de trouver les mots justes, il dira : «C’était une expérience religieuse! Et pourtant je vous jure qu’il n’y a pas plus athée que moi!»

Déjà, on ne compte plus les différents résultats du caisson : on en a vu qui s’arrêtaient de fumer, de boire, ou de se shooter, d’autres qui s’en servent pour maigrir, grossir, apprendre une langue, se guérir d’une phobie,  améliorer leur rendement en sport ou en affaires… À première vue, une telle avalanche produit évidemment une réaction de méfiance. «Quelle salade veut-on encore me vendre? Ouais!»

——————————————————————————————————————–

Dans la prochaine et dernière capsule de Patrice Van Eersel, nous prendrons connaissances de recherches scientifiques qui démontrent que c’est n’est pas juste une salade mais un outil miraculeux qui se manifeste dans la solitude des sens. D’ici là, « bonne flotte!« , comme disent les personnes qui vous accueillent à votre rendez-vous à l’Ovarium, avec un sourir complice ou sympathisant, sachant bien ce que vous allez vivre comme expérience de détente. C’est tout-à-fait normal : le personnel, ici, flotte régulièrement.

L’équipe de l’Ovarium

13 comments

  1. Véronique POUDOU

    Dans l’historique relatant des ouvertures de centres Argos en 1983 : j’avais ouvert un centre avec les tous premiers caissons à isolation sensorielle, à Castres, dans le Tarn.

    Malheureusement, manque d’information, trop innovant peut être pour l’époque, la clientèle a manquée et j’ai du fermer un an plus tard. Je regrette encore de ne pouvoir flotter comme j’avais pris l’habitude de le faire, quasiment chaque jour, s’enfermer dans une bulle, en apesanteur est la meilleure solution anti stress. J’ai essayé, depuis de nombreuses autres méthodes, mais le caisson sensoriel n’a pas son équivalent.

    Je prévois d’en acquérir un pour mon usage personnel et retrouver les sensations que j’ai connues en 1983 dans mon centre de relaxation ARGOS dans ma petite ville de Castres.

    • Serge Lobstein

      Bonjour Véronique,
      Je vous aie lu, et je me souviens quand j’ai découvert c’est bain flottant il y a 8 ans à Montréal-Quebec, je suis maintenant en France et mon grand souhait et rêve est d’ouvrir un centre de bain flottant.
      Je n’ai jamais fait mieux au niveau du bien fait sur soi même.
      Pourrions-nous ce rencontrer pour en parler ?
      Réponse par mail merci.
      A bientôt peut être.
      Bien à vous.
      Cordialement Serge.

    • FRANCIS

      Bonjour,
      je viens de lire votre article, datant de plusieurs années, donc je ne sais pas s’il est toujours d’actualité ?
      Je possède moi-même une bulle, après avoir ouvert un centre de relaxation sur Cahors en 1985, mais le manque de clientèle m’a obligé de fermer au bout d’un an ½ .
      J’ai donc stocké la bulle chez moi sans pouvoir la remettre en service pas assez de place, et je dois déménager et pas d’espace pour la stocker, je vous propose si cela vous intéresse encore, de me contacter sur le n° 07 88 64 75 60 je suis sur Toulouse, nous pourrions trouver un arrangement pour la remettre en service.
      Bien cordialement.
      Francis BOUZAT

      Véronique POUDOU
      septembre 20, 2009 at 11:01 Répondre

      Dans l’historique relatant des ouvertures de centres Argos en 1983 : j’avais ouvert un centre avec les tous premiers caissons à isolation sensorielle, à Castres, dans le Tarn.
      Je prévois d’en acquérir un pour mon usage personnel et retrouver les sensations que j’ai connues en 1983 dans mon centre de relaxation ARGOS dans ma petite ville de Castres.

  2. Pingback: Bains flottants : théorie scientifique des bienfaits de la flotte | Relaxons : le blogue des mordus de la détente

  3. milei

    bonjour,
    J’habite près de Béziers et je souhaiterai savoir s’il y a un caisson d’isolation sensorielle à Montpellier ou Toulouse ou autres.
    Je vous remercie pour la réponse que vous pourrez m’apporter.
    Milei

  4. ambre

    Bonjour, merci passionnant! vous annoncez une trilogie de texte de Patrice Van Eersel ,mais je ne vois pas les 2 autres, pourriez vous m’indiquer svp où je peux les trouver? D’autre part savez vous où je peux trouver des archives sur le centre Argos?
    Merci!
    Ambre